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  • Ballet de l'Opéra-Théâtre de Metz : il en va de la pérennité de l'institution

    Le 11/07/2009 à 20:00

     

    Dans un communiqué de presse,  Patrick Thil, conseiller municipal de Metz et conseiller communautaire, s'interroge sur la question du Ballet du théâtre qui pose celle de la pérennité de l'Opéra-Théâtre lui-même. En voici le contenu :

     

             « La Commission des Equipements culturels de la CA2M s'est réuni le mercredi 17 juin, sans qu'il soit question dans son ordre du jour, du sujet important auquel la presse a donné écho, à savoir le maintien du ballet au sein de l'Opéra-Théâtre de Metz. J'ai attendu pour réagir, de savoir si cette importante question serait évoquée en commission. Manifestement, elle ne l'est pas, pas plus que n'ont été connus d'elle, ni le recours à l'audit, ni le choix du cabinet auditeur pourtant si réputé pour ses éternelles conclusions en défaveur du ballet classique en France, ni, bien entendu, ses éventuelles analyses de la situation messine : bel exemple de vie démocratique à la CA2M !..

               « Trois raisons au moins militent pour le maintien du Corps de Ballet :

               « 1./ L'Opéra français est né, contrairement à l'Opéra italien, de la conjonction de la tragédie classique et du ballet. Cela est vrai de Lully, de Charpentier, de Rameau et reste vrai pour tout le répertoire français d'Opéra que les auteurs en soient français ou non. Songeons à Carmen de Bizet, mais aussi à tous les auteurs écrivant pour la France : Verdi mit du ballet dans Don Carlos pour sa création à l'Opéra de Paris, de même que Wagner lorsqu'il donna à Paris son Tannhäuser. Le ballet est donc nécessaire à l'Opéra français parce qu'il lui est consubstantiel. Metz, ville frontière avec la Belgique, le Luxembourg et l'Allemagne, se doit d'être la vitrine de l'Opéra français, comme d'ailleurs la Biennale Ambroise Thomas prouve que c'est encore son actualité. Le Corps de Ballet de Metz doit donc être maintenu pour cette première raison artistique.

               « 2/ Ensuite, L'Arsenal développe depuis de très nombreuses années, un très beau programme de danse contemporaine. A côté, doit subsister le ballet classique y compris à titre pédagogique. Que penserait-on de saisons théâtrales qui ne permettraient jamais de revoir, à côté de Koltès, le théâtre de Molière ou de Shakespeare qui l'inspira ? Le maintien du Ballet est une cohérence de cette politique culturelle. Par ailleurs, et c'est heureux, beaucoup de jeunes sont engagés dans des Ecoles de musique de l'agglomération et au Conservatoire lui-même dans des études de danse classique. Pourquoi donc maintenir ces filières si les élèves ne pouvaient jouir demain, du plaisir de voir un ballet classique, et, pour les plus doués, avoir des débouchés professionnels ?  Cet aspect pédagogique constitue une seconde raison qui plaide pour maintenir ce Corps de Ballet.

               « 3/  Enfin, que dire d'une programmation qui ne ferait pas la part belle au lyrique léger et à l'opérette ? C'est une grande tradition messine. Sans ballet, comment monter une programmation d'opérettes ou de comédies musicales ? L'Opéra de Nancy ne le fait plus. Quelle restriction de l'offre culturelle en Lorraine si, d'aventure, on s'engageait dans cette voie ?  Cette raison programmatique constitue donc une troisième bonne raison de militer et de défendre le Corps de Ballet de Metz.

               « Cette affaire est décidément très grave.

               «  Enfin, l'aspect financier ne peut en aucun cas être retenu, même sous le fallacieux prétexte de l'Etat toujours responsable, car il est envisagé  de prélever sur le budget artistique de l'Opéra, 110 000 euros pour les verser à l'Orchestre National de Lorraine pour sa présence dans la fosse de l'Opéra, alors que ce dernier a toujours exercé cette mission gratuitement ! On ne ressent pas la plus value artistique qu'en tirerait l'Orchestre, mais on voit bien les graves conséquences que cela aurait pour la programmation de l'Opéra.

              «  Derrière cette affaire de ballet et à la lumière de ces transferts de charges, on voit bien que se profile la grave question du devenir de l'Opéra de Metz, alors même que le « packaging » culturel à offrir aux futurs visiteurs du Centre Pompidou Metz, est le seul moyen d'en tirer les bénéfices économiques, grâce à l'offre de nuitées culturelles sur Metz et son agglomération.  » 

     Le communiqué est signé de Patrick Thil, conseiller municipal de Metz, conseiller communautaire, ainsi que membre des Commissions culturelles de la Ville et de la CA2M,  (Metz Métropole) et ancien adjoint et vice-président délégué à la Culture.

     

     



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