Les témoignages enregistrés

La discographie de Mady Mesplé, essentiellement chez EMI, comporte, outre des extraits d’opéras, d’opérettes et de mélodies, une intégrale de Lakmé dirigée par Alain Lombard. On peut regretter qu’elle ne soit accompagnée ni par Alain Vanzo ni par Robert Massard. Elle a eu le mérite d’enregistrer des œuvres devenues rares comme Fra Diavolo (avec Nicolaï Gedda) ou Manon Lescaut d’Auber, Zémire et Azor, Richard Cœur de Lion, L’Amant jaloux de Grétry. On n’a malheureusement pas réédité les extraits en français de sa Lucia di Lammermoor dirigé par Georges Sebastian chez Barclay. Elle participe au Werther de Georges Prêtre et au Guillaume Tell de Lamberto Gardelli. On la trouve, enfin, dans des extraits de Rigoletto, gravés pour un petit label et chantés en français, en compagnie de Gabriel Bacquier et d'Albert Lance.

Dans les années 1970 et 1980, elle est présente dans des enregistrements d’Opérettes : d'abord dans une série d'intégrales dirigées par Michel Plasson, en compagnie de Régine Crespin : La Vie parisienne, Orphée aux enfers, La Grande-Duchesse de Gérolstein. Il faut y ajouter La Fille de Madame Angot de Charles Lecoq, Les Cloches de Corneville de Robert Planquette, Les Saltimbanques de Louis Ganne, Véronique d’André Messager, Ciboulette de Reynaldo Hahn ; puis dans un récital dirigé par l'excellent Pierre Dervaux.

Mady Mesplé a incarné dans les années 1960 et 1970, l’archétype de la soprano colorature française à la voix légère aux suraigus impressionnants, au chant caractérisé par l’élégance du style. Sa carrière s’est située entre celles deux interprètes exceptionnelles, pour des raisons très différentes, Mado Robin et Nathalie Dessay. Elle a tenu sa place dans le rayonnement international du chant français. Il faut l’en remercier.

Un coffret de quatre CD, L’Album du 80ème anniversaire, vient de paraître chez EMI à l’occasion de cet anniversaire donnant un échantillon de toutes les facettes de son talent.