une discographie disparate

 

Disons le d’emblée : la discographie de Jane Rhodes ne rend compte de son talent que très partiellement. La cantatrice avait pourtant attient un degré réel de popularité et faisait la « une » des grands magazines.

Les explications de ces lacunes sont multiples. Dans les années 1960 et 70, à quelques exceptions près, la plupart des chanteurs français étaient tenus à l’écart des grands labels internationaux. L’artiste a reconnu, elle-même, qu’elle avait été souvent négligeante dans le choix de ses agents. Comment expliquer que son incarnation historique de Carmen n’ait fait l’objet que d’un disque d’extraits, que sa Tosca n’ait  été gravée qu'en français, lui barrant, ainsi, l’accès au marché international, qu’aucun producteur ne l’ait sollicitée pour Salomé ? Pourquoi aucun témoignage enregistré de sa collaboration avec Leonard Bernstein ?

Contentons donc nous donc de mentionner ce qui est disponible, à un niveau de qualité généralement exemplaire. En plus des extraits de Carmen déjà mentionnés, on possède quelques témoignages de l’art de Jane Rhodes dans le grand répertoire français du XIX° siècle, essentiellement dans Offenbach et, de façon plus marginale, dans Gounod. Enfin, deux récentes rééditions en CD, L’Ange de feu de Prokofiev et La Voix humaine de Poulenc nous rappellent, opportunément, à quel point l’artiste s’est investie dans le répertoire contemporain.

Pour conclure, peut-on espérer que l’INA finira par exhumer tous ses trésors ?