Discographie des Meistersinger

La discographie des Maîtres-Chanteurs

 

Bien sûr, on peut réécouter la version Karajan de la réouverture en 1951 avec Otto Edelmann (Hans Sachs), Hans Hopf (Walter) et Elisabeth Schwartzkopf (Eva). Il y règne, malgré le son monophonique, du très beau chant et une ferveur quasi religieuse digne d'une messe de réouverture et de résurrection de « l'art allemand », à nouveau autorisé... et applaudi à tout rompre avant même que l'ultime chœur ait fini la dernière note, ce qui est pour le moins rare à Bayreuth où le silence prévaut, même après la fermeture du rideau...

On peut aussi trouver intéressante, la version « live » de Bayreuth 1956, avec André Cluytens à la baguette et qui est la dernière représentation au Festival de Hans Hotter en Hans Sachs et compte, dans la distribution, Joseph Greindel (Pogner), Fischer Diskau (Kothner) Gerhard Stolze (David) et Wolfgang Windgassen (Walter), ce qui n'est pas rien. Le mérite de cette version, outre cette prestigieuse distribution du grand Bayreuth de l'après-guerre, réside dans la modernité du chant qui n'est pas sans souligner à quel point Wagner est bien le précurseur de Strauss ou des musiciens de l'école de Vienne. Là, cela s'entend tout particulièrement.

Mais on peut toujours préférer à ces versions, forcément archéologiques du point de vue de la qualité sonore, la version studio tant récompensée de Karajan, datant de 1970, avec Théo Adam (Sachs), Karl Ridderbusch (Pogner), Peter Schreier (David), Helen Donath (Eva), et René Kollo (Walther), notamment. Claire et brillante, elle est, avec la Staatkapelle de Dresde, la plus belle version studio que l'on puisse encore trouver aujourd'hui comme référence.

Encore plus près de nous, je signalerai enfin, dans une discographie décidément abondante, l'enregistrement fait à Bayreuth en 1984. Il s'agissait de la première mise en scène de Wolfgang Wagner (je n'ai vu que la dernière, il y a 6 ans maintenant), dirigée par Horst Stein, avec Bern Weikl (Sachs), Hermann Prey, particulièrement brillant (Beckmesser) et Siegfried Jerusalem en Walter.

Les Maîtres Chanteurs de cette année marqueront, je le pense, surtout par cette mise en scène qui peut paraître iconoclaste aux tenants de la ligne traditionnelle mais que j'ai trouvée, pour ma part, terriblement adaptée au texte qui, après tout, est bien le manifeste de la suprématie de l'art nouveau sur la règle ancienne.

 

Patrick Thil