10-11-1959 : Carmen à Garnier

Il y a eu 50 ans : l'entrée de Carmen au répertoire de l'Opéra de Paris.

 

Séguedille, Acte I

Le 10 novembre 1959, Carmen, le chef-d’œuvre de Georges Bizet, était représenté, pour la première fois, sur la scène de l'Opéra de Paris qu'on ne désignait pas encore sous le nom « d’Opéra Garnier ». Cette première fut très médiatisée et transmise en direct par la radio nationale et, ce qui était plus inhabituel, par la seule chaîne de télévision en noir et blanc qui existait alors. Il s’agissait d’une soirée de gala en présence du Général De Gaulle, Président de la République et du Tout-Paris.

Depuis sa création 1875, Carmen était au répertoire de l'Opéra-comique. En décidant de transférer cette œuvre au palais Garnier, les responsables de la Réunion des Théâtres Lyriques Nationaux firent appel à Raymond Rouleau pour la mise en scène. Celui-ci joua la carte du « très spectaculaire » et ne se priva pas d'exploiter les vastes dimensions du plateau, notamment en profondeur. Lors de notre récent colloque, la cantatrice Christiane Stutzmann nous a fait revivre, de façon particulièrement vivante, ce grand moment de théâtre : amenée à interpréter le rôle de Micaëla, elle arrivait du fond de la scène à cheval ! Cette production bénéficia, pendant de très nombreuses années, d'un très large succès. Lors de la première, le rôle-titre était confié à la jeune Jeanne Rhodes qui entamait, ainsi, une belle carrière française et internationale. Albert Lance, à peine arrivé d'Australie, était Don José. Les excellents Andréa Guiot et Robert Massart se partageaient les rôles de Micaëla et d'Escamillo. Enfin, le jeune Roberto Benzi, le jeune prodige de la baguette, âgé alors d'à peine vingt ans, assurait la direction d'orchestre. Il devait épouser, quelque temps plus tard, sa Carmen. La firme Philips procéda à un enregistrement, en marge de ses représentations et ce fut un grand succès commercial. Hélas, il ne s'agissait que d'un microsillon d'extraits, ce que Jeanne Rhodes a regretté amèrement dans une interview récente. Le label Malibran, essentiellement consacré à l'exhumation de vieilles archives du répertoire lyrique, avait prévu, à l'occasion de ce cinquantenaire, la publication de la bande intégrale de la transmission radio de l'époque. Une nouvelle à confirmer.

Il y a quelques années, l'artiste évoquait à la télévision cette mémorable reprise, interviewée par Eve Ruggieri.