Beecham Mozart

On pourra être surpris en ne relevant dans la discographie mozartienne de Beecham que deux intégrales d’œuvres lyriques, compte tenu de l’admiration que portait le Maestro au génie salzbourgeois. Les œuvres de jeunesse, jusqu’à Idolménée ne semble pas avoir intéressé Beecham, ce n’était pas à la mode de son temps. Rien, en revanche, et c’est plus étonnant, de la « trilogie Da Ponte ». Restent deux gravures d’importance ; celles des deux grands Singspiele.

La Flûte enchantée, produite par Walter Legge, fut enregistrée en deux sessions avec la Philharmonie de Berlin, en 1937 et 1938, en pleine période nazie. Richard Tauber et Alexander Kipnis, prévus à l’origine pour les rôles de Tamino et de Sarastro furent récusés en raison de leur origine juive. Piètre consolation : la jeune Elisabeth Schawarzkopf, future Madame Legge, figurait dans les chœurs. Une gravure intéressante mais limitée par les contraintes techniques du 78 tours.

  

Acte I : air de Papageno par G. Hüsch

 

Une vingtaine d’année plus tard, en 1956, Beecham réalisait à Londres le premier enregistrement stéréophonique de L’Enlèvement au Sérail avec une distribution essentiellement dominée par ses éléments masculins, Léopold Simoneau incarnant Belmonte et Gotltlob Frick, Osmin. Cette gravure, aux antipodes des résurrections « baroqueuses »actuelle est injustement oubliée et desservie par un mauvais report en CD.

Acte II : air d'Osmin par G. Frick