discog Del Monaco

La discographie de Mario Del Monaco est abondante et de grande qualité, d’autant plus qu’elle est éditée par le label Decca dont on connait l’excellent niveau de qualité, tant artistique que technique. On y trouve plusieurs récitals dont quelques compilations de mélodies populaires, notamment napolitaines, un passage obligé pour un chanteur qui fut de son temps, une véritable star. Mais l’essentiel réside dans la présence de grandes intégrales du répertoire italien : plusieurs grands Verdi, Tosca et Turandot de Puccini, un Pollione un peu exotique face à la Norma d’Elena Souliotis et plusieurs incursions dans le répertoire vériste avec les œuvres de Mascagni, Leoncavallo, Giordano et Cilea. Dans la plupart de ces enregistrements, le ténor avait comme partenaire la grande Renata Tebaldi qui était également liée à Decca par un contrat d’exclusivité. Les enregistrements issus d’autres répertoires sont plus rares à l’exception de quelques extraits de Samson et Dalila et de deux incursions dans Carmen : le report d’une représentation au Bolchoï au cours de laquelle le chanteur passe sans complexe du français à l’italien, face à sa partenaire, Irina Arkhipova qui chante en russe ; et une intégrale réalisée en studio avec Regina Resnik, mais que l’on préfère oublier en raison d’une prononciation discutable.

Rendons d’abord hommage à l’interprète du répertoire vériste avec deux extraits de Paillasse ou I Pagliacci. Del Monaco disposait d’une voix assez étendue pour interpréter le prologue d’ordinaire dévolu à un baryton.

I Pagliacci, prologue : « Si puo… »

Quant à son grand air, nous avons privilégié le report de cette soirée extraordinaire de février 1959 au Bolchoï où, comme dans Carmen, le ténor est le seul qui ne chante pas en russe !

I Pagliacci, Acte I: « Recitar...Vesti la giubba… » 

Otello fut le rôle préféré de Mario Del Monaco. Deux intégrales en portent témoignage avec les mêmes partenaires, la Desdémone de Renata Tebaldi et le Iago d’Aldo Protti. La première souffre de la direction assez terne d’Albero Erede. La seconde, en revanche, réalisée en mai 1961 dans la fameuse Sofiensaal de Vienne dispose de la présence des Wiener Philharmoniker, d’une prise de son d’exception et, surtout, de la direction musicale d’Herbert von Karajan qui signe là un de ses plus beaux enregistrements lyriques. Cette réalisation est considérée comme une des plus remarquables de toute l’histoire du disque, elle fut supervisée par le fameux producteur John Culshaw qui mena à bien, à la même époque, la première gravure du Ring wagnérien sous la direction de Georg Solti.

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Otello, Acte I : « Esultate… » 

Otello, Acte III : « Dio mi potevi scagliar… »