extraits Davis Sibelius

Avec Mozart et Berlioz, Jan Sibelius est le compositeur que Sir Colin Davis aura le plus servi, aussi bien au concert qu’en enregistrement.

Sibelius est largement méconnu en France et l’on peut se souvenir d’articles infamants et malfaisants, écrits aussi bien par des musiciens comme René Leibowitz que par des plumitifs incompétents tels que l’ancien journaliste collaborationniste Lucien Rebatet, condamné à mort à la Libération et gracié par le président Auriol. Ce dénigrement du plus grand artiste qu’ait connu la Finlande est foncièrement injuste. C’est pourquoi nous devons rendre hommage au Maître Jacques Mercier, qui dirigea, pendant plusieurs années, l’orchestre de Turku et qui a contribué à faire connaître Sibelius dans notre pays. Il fut ainsi, amené à créer, en France, la grande Symphonie avec voix Kullervo, à la tête l’Orchestre d’Île-de-France et il révéla, à l’Arsenal de Metz, en septembre 2002, le cycle des quatre légendes du Kalevala ou Leminkaïnen, avec l’Orchestre National de Lorraine.

La situation est plus satisfaisante dans les pays germaniques puisque les Orchestres Philharmoniques de Vienne aussi bien que de Berlin ont interprété et enregistré, à plusieurs reprises, les sept Symphonies du Maître finlandais, notamment, sous la direction de Lorin Maazel et d’Herbert von Karajan. Enfin, nos amis anglo-saxons n’ont jamais éprouvé la moindre réserve à l’égard de ce compositeur, un des plus importants de la première moitié du XXe siècle. Dès le début des années 1930, à l’initiative du producteur Walter Legge, l’Orchestre Symphonique de Londres entreprenait une première série d’enregistrements sous la direction d’un ami et compatriote de Sibelius, Robert Kajanus. Une pléiade de grands chefs d’orchestre britanniques et américains allait, ensuite, prendre le relais, notamment lors de l’arrivée, sur le marché, du disque microsillon, au début des années 1950. Sir Thomas Beecham, Sir John Barbirolli, Léonard Bernstein et enfin Sir Colin Davis Davis s’inscrivent dans cette continuité.

Davis, lui-même, déclarait dans une interview à la revue Harmonie, à la fin des années 1970, qu’il éprouvait pour Sibelius la même passion que pour Mozart. Il grava, ainsi, trois cycles complets des Symphonies accompagnées des autres grandes compositions orchestrales. Ce fut d’abord, à la fin des années 1970, avec la Boston Symphony Orchestra pour Philips Classic (repris maintenant par Decca/Universal). Ce fut ensuite, à deux reprises, avec les musiciens du London Symphony Orchestra, pour RCA dans les années 1990, puis pour le propre label de l’orchestre, dans les années 2000. Il est vain et difficile de départager ces trois séries d’enregistrements, chacun d’entre eux exprimant, au plus haut degré, l’enthousiasme et l’investissement du chef d’orchestre au service du compositeur finlandais.

Nous présentons deux échantillons de chaque cycle.


Avec le Boston Symphony Orchestra

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En saga

Karelia, « alla marcia »


Une première fois avec le London Symphony Orchestra

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Le cygne de Tuonela

Le retour de Leminkaïnen


Enfin, de nouveau avec le même orchestre, dans les gravures très récentes de 2005-2006, réalisées en public, dans la salle de concert du Barbican Center.

davis-3.jpgLa mort de Kullervo

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Seconde symphonie, premier mouvement « allegretto »