F-D et Bach

Dietrich Fischer-Dieskau et l’œuvre de Bach.


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L’œuvre vocale de Jean-Sébastien Bach est au centre de l’univers spirituel et artistique de Fischer-Dieskau dont on peut rappeler que, fils de pasteur, son éducation fut imprégnée par l’héritage luthérien. Ses enregistrements d’œuvres du Cantor de Leipzig sont particulièrement nombreux puisque, dès la fin des années 1940, le chanteur interprétait, pour la radio RIAS de Berlin-ouest, un certain nombre de Cantates récemment éditées par le label Audite. On comprendra donc qu’il est impossible, ici, de rendre compter de cet héritage sonore, de façon exhaustive. Aussi, nous nous contenterons d’évoquer la vision que donne Fischer-Dieskau, des interventions de Jésus dans la Passion selon Saint-Mathieu, qu’il devait enregistrer successivement sous les directions d’Otto Klemperer, de Karl Richter et d’Herbert von Karajan, les première et dernière citées retenant, seules, notre attention.

 En 1960-1961, Walter Legge réalisait, à Londres, un enregistrement de prestige de la Saint-Mathieu pour lequel Fischer-Dieskau avait pour partenaires Peter Pears, Nicolaï Gedda, Elisabeth Schwarzkopf, Christa Ludwig, Walter Berry. La santé fragile du Maestro Otto Klemperer avait fait que les séances de prise de son s’étaient étalées sur près d’une année et non sans frictions et incidents, comme le chanteur le rapporte avec humour dans ses Mémoires.


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Passion selon Saint-Mathieu, Crucifixion : récitatif (Peter Pears), intervention de Jésus et choeur


Dix ans plus tard, à Berlin, Dietrich Fischer-Dieskau récidivait sous la baguette de Karajan et retrouvait ses collègues Christa Ludwig et Walter Berry, cette fois-ci, en compagnie de Gundula Janowitz et de Peter Schreier.


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Passion selon Saint-Mathieu, Sainte Cène : récitatif ( Peter Schreier), intervention de Jésus et choral



 Quelles que soient leurs différences, ces deux gravures appartiennent à une esthétique qui tire Bach vers le romantisme allemand, aux antipodes des options « baroqueuses », adoptées, dès les mêmes années, par Nikolaus Harnoncourt.