metz sinistrée ?

La cité d’Ambroise Thomas et de Gabriel Pierné musicalement sinistrée ?

 

Après les menaces qui ont pesé sur le Corps de Ballet et qui concernent désormais, et avec insistance, l’ONL, les lecteurs du RL apprennent avec un mélange de stupéfaction et d’indignation le limogeage brutal d’Eric Chevalier, directeur de l’Opéra-Théâtre de Metz, sous le prétexte fallacieux d’un rapprochement imminent avec l’Opéra National de Lorraine que, semble-t-il, les responsables nancéiens ne souhaitent pas.

Argument récurent de nos édiles : l’argent. Un argument, fort curieusement, jamais évoqué pour d’autres opérations culturelles ou de loisir, telles que « Metz-Plage », « La Nuit blanche » ou le projet de construction d’une salle dite « des musiques nouvelles ».

Les arrière-pensées en vogue dans certains milieux de décideurs sont bien connues : l’art lyrique est un genre élitiste et dépassé, tout juste accessible à une minorité de seniors, adeptes du « baisemain », il est urgent « de faire jeune ». Un raisonnement pitoyable, à faire mourir de rire nos compatriotes du Midi et nos amis italiens pour lesquels l’opéra et le bel canto sont, par essence, populaires.

Depuis six années, sous la direction d’Eric Chevalier, des productions telles que Fra Diavolo en 2006, Thaïs en 2008, plus récemment, Pelléas et Rigoletto furent des réussites, de même que la découverte de L’Attaque du moulin. Et n’oublions pas certaines productions chorégraphiques comme Parades, fin septembre dernier, de même que, naguère, les concerts vocaux au Foyer.

Le 5 août prochain, nous célébrerons le bicentenaire de la naissance à Metz, d’Ambroise Thomas, le compositeur de Mignon. Notre cité, jusqu’alors si soucieuse de son image, se retrouvera-t-elle, en cette circonstance, musicalement sinistrée ?

 

Jean-Pierre Pister