second acte

SECOND ACTE D’UNE HISTOIRE À REBONDISSEMENTS

 

À l’image des feuilletons à rebondissements et autres coups de théâtre, on apprenait la confirmation de la création, d’ici 2013, d’un pôle lyrique symphonique unifié, l’adjoint à la Culture à Metz précisant que le siège du pôle lyrique serait à Nancy et celui du pôle symphonique à Metz. Sa conclusion : l’O.N.L. serait conforté, qui, désormais, jouerait dans la fosse à Nancy. Mais la ville aux Portes d’or ne l’entend pas de cette oreille qui ne veut rien savoir de la mutualisation des deux orchestres (R.L. du 11.11.2010, page Région). Et le même jour, le non-renouvellement du contrat d’Éric Chevalier, directeur artistique de l’Opéra-Théâtre de Metz était annoncé par le chef de cabinet de Jean-Luc Bohl.( R.L. des 11.11 et 12.11, édition de Metz). C’était peu élégant. On compléta cette décision de non-reconduction par l’embauche, sur concours, au printemps, d’un directeur devant assurer la mutualisation entre les théâtres des deux villes. Malaise, Place de la Comédie, grogne sur la Place Stanislas!. En réalité la raison du renvoi du directeur messin est tout autre. Un courrier postal émanant de la Communauté d’agglomération de Metz-Métropole (de laquelle dépend le théâtre), précisait les raisons exactes de ce remerciement inattendu. Mais ces raisons, bien qu’on les connût, ne devaient pas être divulguées pour ne pas porter atteinte à la carrière du directeur.

Quinze jours plus tard, (R.L. du 28.11), c’est le président Jean-Luc Bohl lui-même, qui, dans la rubrique « Dialogues en pays messin », se voulait rassurant sur la pérennisation et la complémentarisation des forces symphoniques, lyriques et chorégraphiques sur le territoire lorrain, sans pour autant que le rapprochement des deux villes nuise à Metz dont il se portait garant d’une solide programmation. Confirmation neuf jours plus tard, par Antoine Fonte, de la création de ce fameux pôle lyrique et symphonique unifié siégeant, pour le lyrique, à Nancy et pour le symphonique, à Metz. (R.L. du 8.12.2010).

FOIRE D’EMPOIGNE

L’opposition municipale messine ne fut pas en reste, Patrick Thil dénonçant (R.L. du 9.12) , un marché de dupes, une politique brouillonne, irréfléchie, dangereuse…critiquant ce protocole non finalisé et prédisant que Metz perdrait le lyrique sans garantie aucune sur le symphonique. Fluctuat nec mergitur. Antoine Fonte avoua que le processus serait long avant d’aboutir au rapprochement des deux orchestres, mais avait tout de même dans l’idée de créer une grande philharmonie de Lorraine. Au même moment, on ne savait encore si l’O.N.L entrerait ou pas dans l’EPCC Arsenal-Metz-en-scènes, en raison de leurs statuts différents, la structure devenant ingérable dans ces conditions puisqu’elle accueille déjà Les Trinitaires et l’établissement des futures Musiques actuelles, un mélange des genres vivement critiqué. On confirmait l’appel à candidature d’un nouveau directeur du théâtre au printemps, théâtre qui pourrait aussi se rapprocher du Centre dramatique de Thionville, disait-on.

Nancy en rajoutera une couche en affirmant qu’elle aiderait Metz pour que son théâtre ne ferme pas, mais qu’en aucun cas la ville de Stanislas n’avaliserait la fusion des deux orchestres (R.L. du 12.12. 2010) L’affaire rebondit lors du colloque, à Metz, de l’Union nationale des syndicats d’artistes musiciens, dénonçant, par la voix de son secrétaire national C.G.T. allant dans ce sens, et dénonçant un projet incohérent. (R.L. du 14.12). Une vraie foire d’empoigne.

Entre temps, un autre clash se produisit lorsque la mairie de Metz annonça que le budget de l’Harmonie municipale de Metz serait coupé en deux et que la bi-séculaire phalange devrait adopter le statut d’association culturelle. (R.L. du 12.12, du 13.12 du 14.12 et du 16.12). On prédit que la séance du Conseil municipal du 16 décembre allait être houleuse. On savait déjà que l’opposition monterait à nouveau au créneau (R.L. du 16.12). Elle fit vibrer la corde historique et patrimoniale.

Un ballon d’oxygène s’éleva cependant au milieu de ce conseil municipal (R.L. du 18.12), lorsque les édiles annoncèrent qu’ils débloqueraient la subvention annuelle, légèrement augmentée, de l’Orchestre National de Lorraine. On évoqua un lent processus, une complexité inouïe de la situation, et, donc, une restructuration dans la douceur des équipements culturels…. En fait, si Metz lâchait un peu de lest sur son opéra, elle semblerait vouloir reprendre l’avantage sur l’orchestre. L’opposition se montra quelque peu rassurée. On a promis d’être vigilants. Mais on n’en est qu’aux prolégomènes. De nouveaux raz-de-marée sinon de tsunamis, risquent de survenir.

Et, immanquablement, le feuilleton aura une suite….

 

Georges Masson