David T. Heusel (1956-2017)

In Memoriam

David T. Heusel-1956-2017

 

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Le dimanche 1er octobre dernier avait lieu, la seconde représentation de La Bohème, donnée en ouverture de la saison de l’Opéra-Théâtre de Metz. Quelques instants avant le lever du rideau, son directeur, Paul Émile Fourny, est apparu particulièrement ému pour annoncer à un public stupéfait le décès brutal, la veille en Irlande, de son ami, le chef d’orchestre David T. Heusel.

Le Maestro Heusel n’était pas inconnu des mélomanes messins, loin s’en faut. D’origine américaine, il était né en 1956 et avait d’abord été formé au Earlham College de Richmond, dans l’Indiana, avant d’entamer une carrière essentiellement européenne. Il s’était d’abord produit dans de nombreuses maisons d’opéra en Allemagne, dans un premier temps comme chef de chant, ensuite comme chef d’orchestre. Il avait été le directeur musical adjoint du Philharmonique de Nice, puis avait assumé la responsabilité de la musique à l’Opéra-Comique, salle Favart, à la fin des années 90. Il avait ensuite fait le choix d’une carrière de musicien indépendant comme chef invité, se produisant dans le monde entier, aussi bien dans le répertoire symphonique que dans l’opéra et le ballet.

À Metz, nous avons eu l’occasion d’applaudir David T. Heusel à de nombreuses reprises, au cours de ces dernières années. Nous l’avons d’abord découvert dirigeant My Fair Lady pour les fêtes de fin d’année en 2011. Dans le répertoire chorégraphique, nous nous souvenons de lui, en particulier, dans La Belle au bois dormant, Cendrillon, Le Sacre du Printemps. Enfin, pour ce qui concerne l’opéra, nous avons pu apprécier ses éminentes qualités à la tête de l’Orchestre National de Lorraine, notamment dans la rare Vanessa de Samuel Barber, en mars 2014, dans le subtil Songe d’une nuit d’été de Benjamin Britten et, plus récemment, dans le Werther de Jules Massenet. Le Maître devait encore assumer la production de l’Auberge du Cheval Blanc pour les fêtes de la fin de l’année 2017. Le destin en a, hélas, décidé autrement puisque David T. Heusel nous a quittés brusquement à Dublin à la veille d’un concert qu’il devait donner à la tête de l’orchestre de la radio irlandaise.

L’auteur de ces lignes n’oublie pas les quelques moments de conversations privilégiés qu’il a pu avoir avec le Maestro. Nous avons pu ainsi échanger sur la nécessité du recours à la langue originale dans Vanessa. Au terme d’une de nos conférences portant sur le Sacre du Printemps, David T. Heusel nous a expliqué, avec une infinie patience, les difficultés et les subtilités de la battue et de la métrique dans ce chef-d’œuvre de Stravinsky particulièrement complexe.

Une grande figure de la vie musicale messine de ces dernières années s’en est allée mais ses nombreux admirateurs en garderont le plus fidèle des souvenirs.

 

Jean-Pierre Pister, vice-président du Cercle Lyrique de Metz.